Comment rendre plus enviable une nourriture saine que les friandises

Je viens de m’apercevoir que les noms donnés aux divers groupes d’aliments dans mes dernières chroniques « Mettez fin à la querelle des légumes » et  « Doit-on interdire les sucreries? »  afin de les catégoriser et de mieux les classer étaient préjudiciables pour ceux-ci. Surtout de la façon dont je l’ai fait: aliments de croissance, aliments amusants, aliments gâteries.

Et cela vient du fait que déjà, nous hiérarchisons les aliments dans notre inconscient comme aliments de plaisir ou de déplaisir. Le dessert, les bonbons et les friandises sont choyés et trônent en haut de la pyramide d’importance et de désir.

Les enfants captent cela très rapidement, même si l’on n’en parle pas, c’est inconscient. Il est évident que l’on se délecte en mangeant une crème glacée l’été. Aussitôt, cet aliment monte dans notre pyramide inconsciente des importances que nous donnons aux aliments désirables, et cela se transfère d’une génération à l’autre.

Notre cerveau va créer une multitude de connexions associées au bonheur et si nous sommes stressés ou tristes et que nous voulons nous faire du bien, tout de suite ce sont ces représentations mentales qui vont surgir. Le sucre est une drogue et de plus, il nous enlève notre volonté, notre sentiment de satiété et notre bonne humeur. Nous en voulons toujours plus. Pour en savoir davantage voici ma chronique sur le sujet « Grâce à l’alimentation gagner une volonté d’enfer »

Donc, maintenant que vous savez cela, changez les noms des catégories que j’avais données, car comme nous fonctionnons facilement en mode binaire, très vite les aliments de croissance vont devenir les aliments « plates », inintéressants, les aliments santé.

Trouvez des noms amusants pour chacune des catégories ou faites l’inverse, donnez le nom d’aliments plaisir pour ceux de croissance et pratiquez-vous à exprimer votre plaisir à manger des aliments sains. Changez le nom des «  aliments gâteries » pour aliments « mauvais pour la  santé». Allez-y avec votre imagination. Je voulais simplement me rétracter et vous mettre sur la piste de la conscience.

Ce qui est important de savoir est que vous devez cesser de hiérarchiser les aliments par leurs goûts et le plaisir qu’ils vous procurent, surtout si vous avez la dent sucrée. Si vous vous délectez à manger des betteraves et des choux de Bruxelles (c’est mon cas), j’en suis ravie pour vous et continuez ainsi, vos enfants doivent manger des légumes. Probablement même que vous ne lisez pas cette chronique.

Plusieurs avancent qu’il faut donner du dessert à un enfant qui n’a pas mangé son repas principal. Nous disions cela à l’époque où nous ne voulions pas donner au dessert l’allure d’une récompense. Mais si cette situation est très fréquente chez vous, je crois qu’il est temps de faire un grand ménage pour un certain temps afin d’abattre cette hiérarchie et ainsi, vous pourrez réintroduire tous les aliments selon les 3 règles ci-dessous.

Mais je crois qu’il serait malsain de laisser un enfant manger un dessert sucré tel un gâteau ou des biscuits même s’il n’a rien mangé du tout par crainte qu’il associe le dessert avec une récompense. De toute façon le cerveau fait des associations constamment et surtout lorsque c’est sucré. Le cerveau adore le sucre.

POUR CE FAIRE


  1. Règle des proportions : privilégiez les aliments santé, donc le dessert devient des fruits seulement… Au moins, votre enfant aura mangé cela. Oubliez le yogourt sucré du marché et achetez le yogourt nature, mettez-y des fruits et vous pourrez y ajouter du miel ou du sirop d’érable.
  2. Règle de la variété : on mange de tout, mais selon la règle des proportions. Au lieu d’être dans les interdictions, on instaure des moments de permissions. Nous mangeons des croustilles ou du popcorn à l’occasion lorsque nous regardons un film. Faites très attention à ce que cela ne devienne pas une habitude. Laissez-moi vous raconter une anecdote : je coupe le tofu en bâtonnets et je le fais mariner dans de la sauce tamari, ensuite je le fais griller dans la poêle… Mes enfants en raffolaient lorsqu’ils étaient petits… C’était fréquemment leurs croustilles quand on regardait un film. Guillaume a changé d’idée lorsqu’il a entendu ce que c’était et que ses amis en ont dit« ouach ». Ce fut la mort des croustilles de tofu pour Guillaume. Nous mangeons tout de même fréquemment du tofu, et Guillaume rechigne par moment. Lorsque les amis des enfants viennent à la maison, nous avons beaucoup de commentaires sur notre nourriture.
  3. La modération : donc, on ne force pas un enfant à manger. Par contre, il est averti des plages de repas et de collations lors de la journée et des aliments disponibles. J’ai toujours eu dans mon frigo des crudités prêtes à être mangées et un plateau de fruits sur la table. Mes enfants pouvaient se replier sur ces aliments en tout temps… Même à l’extérieur des moments de collation. Ainsi, ils apprenaient à avoir du pouvoir sur leur estomac.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que plus on énergise un comportement, plus on donne de l’importance à quelque chose, plus cela risque de se reproduire chez notre progéniture. Alors, soyez empathique envers eux lorsque vous allez instaurer ces règles et réconfortez-vous si votre petit ne mange pas lors des changements. Restez ferme mais cessez les guerres, faites un travail de détachement émotionnel par rapport à tout cela.

Bon appétit

Monique

 

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