L’amour dans nos relations personnelles, un remède à la portée de tous


Qu’est-ce que l’amour pour vous?

Habituellement le mot amour représente à prime abord le romantisme, ce sentiment est plutôt associé aux relations amoureuses. D’un autre côté il s’applique aussi aux relations filiales et amicales. Si vous lisez jusqu’au bout cet article votre conception de l’amour  risque d’être élargi.

C’est en découvrant les travaux de Barbara Fredrickson, chercheuse en neuroscience, que j’ai appris le plus sur l’amour, cette émotion ou cet état de résonnance. Lorsque je parle de la puissance du coeur, c’est exactement à cet état de résonnance auquel je me réfère. Cette chercheuse considère l’amour comme l’émotion suprême. L’amour est l’émotion la plus puissante et celle qui détient les bienfaits les plus grands pour nous. L’amour serait une émotion qui va et vient comme toutes les autres d’ailleurs et qui se renouvelle à l’infini entre deux ou plusieurs personnes. Nous pouvons la vivre aussi en solitaire, mais de cette façon, elle est généralement moins intense.

 

Toujours selon ces recherches, l’amour est souvent éphémère, car cette résonnance positive se manifeste dans notre corps lorsque les 3 variables suivantes sont simultanément présentes:

  • un partage d’une ou plusieurs émotions positives,
  • une synchronie (effet miroir) entre les comportements et les réactions physiologiques de deux personnes ou plus,
  • l’intention de contribuer au bien-être de l’autre c’est-à-dire un sentiment de sollicitude mutuel.

L’amour, résonance émotionnelle positive

Lorsque nous connaissons bien ces 3 variables, nous pouvons produire ce sentiment d’amour aussi souvent que nous le souhaitons. Selon Fredrickson, un couple amoureux vit ces synchronies plus ou moins fréquemment et ceux-ci seraient l’élément clé d’une relation amoureuse heureuse à long terme.

Ces propos rejoignent tout à fait ceux de Stephen Covey lorsqu’il dit que l’amour est un verbe d’action et que nous sommes responsables de créer ces moments d’amour à chaque instant dans notre couple, de même qu’envers tous les êtres qui nous sont chers. De plus, si nous nous croyons impuissants face à ce sentiment, nous risquons l’effritement rapide de nos relations à moins d’avoir un grand talent pour la sollicitude.  Ici je souligne que la sollicitude n’est pas investi par le sacrifice, mais par l’amour que nous portons pour l’autre.

 

Marshall Rosenberg (créateur du processus de la communication Non Violente) est d’accord avec ces propos et l’illustre bien lorsqu’il  raconte une anecdote  où lui-même se questionnait sur ses émotions et leurs ressentis envers les membres de sa famille. Comment pouvait-il leur exprimer avec authenticité ce qu’il ressentait dans son cœur et dans son corps lorsqu’il ressentait de l’amour pour eux?

Pendant ce questionnement personnel, pour réchauffer son thé il s’est dirigé vers la cuisine  où il a vu sa fille attablée en train de dessiner. Il est allé vers elle et a pris le temps prends de se concentrer sur ses ressentis physiques et il fait de son mieux pour les lui exprimer en mot, malgré l’inconfort initial qu’il a éprouvé.  Il lui a parlé d’un ressenti de douceur et de chaleur, d’une sensation de plénitude, d’un grand bonheur qui éclairait son coeur.

Par la suite, tout le reste de la famille recherchait  ces expressions d’«amour allongé», puisque c’était ainsi que sa famille les appelaient. Il a compris que les formulations rapides de « je t’aime »  sans réelle connexion aux ressentis physiques étaient pour la plupart insipides et sans intérêt.

 Nous communiquons de plus en plus par mail, par SMS, ou par tweet et par d’autres moyens qui ne nécessitent pas de parler, et encore moins de se voir. Et cependant, ce type d’échange ne satisfait pas notre soif de relation. L’amour nécessite que nous soyons physiquement et émotionnellement présent.  Il nécessite également que nous ralentissions la cadence.

Barbara Fredrickson

Qu’est ce qu’une relation amoureuse?

Pour Barabra Fredrickson, auteure du livre « Love 2.0 »  c’est l’accumulation de dissonances affectives, des moments répétés de partage d’émotions négatives qui cause l’érosion, l’effritement de nos liens, quels qu’ils soient. Elle croit que l’émotion d’amour en tant que résonance positive est inscrite profondément dans tout notre corps y compris le cerveau et que ce ressenti est vital pour tous les êtres humains, c’est une question d’hormones et de neurotransmetteurs.

L’amour serait lié aux aires cérébrales de l’empathie, de l’amour maternel, et de la satisfaction. Et ce serait l’ocytocine et le nerf vague qui  feraient voyager cette émotion dans tout notre corps. Un corps sans amour serait privé d’une grande part de sa  vitalité, toutefois grâce au pouvoir de l’intention et un peu de pratique il est possible d’apprendre à faire monter en soi ce ressenti.

Toujours selon cette chercheuse, le sentiment d’amour dont elle parle n’a rien à voir avec un amour possessif  ou l’amour-passion où une personne est  obsédé par l’autre. Bien au contraire, elle se réfère à l’amour  enraciné dans l’altruisme.

L’amour possessif consiste à se faire du bien à travers l’autre personne, exemple, lorsqu’avant tout nous sommes préoccupés  par l’amour pour nous-mêmes alors qu’on prétend le porter envers  l’autre. L’amour bénéfique est celui qui nous permet de voir l’autre avec sollicitude, bienveillance et compassion, sans aucune recherche intéressée, consciente ou inconsciente.  Il se manifeste dans la joie du partage et dans la contribution du bonheur de chacun.

Dans l’amour bénéfique,  nous nous sentons   une responsabilité envers le bien-être de chacun, nous devenons actifs dans la dynamique d’interdépendance que toute relation crée. Nous ne comptabilisons pas ce que nous recevons ou n’attendons pas impatiemment  la gratification ou la valorisation de nos actions  envers l’autre, nous donnons et recevons dans la joie et la bienveillance.

Nous aspirons tous à vivre ces moments de synchronie en résonnance positive avec les autres, lesquels sont des nutriments essentiels à notre santé physique et psychologique. Cette affirmation est basée sur plusieurs recherches scientifiques. L’amour serait aussi vital pour l’humain  que l’oxygène, la nourriture et l’eau ce qui contraste fortement avec sa perception à travers l’histoire de l’humanité.

Si nous réduisons l’amour aux relations de couple ou encore à l’engagement, il peut devenir rapidement une source de frustrations, de doutes et d’attentes non comblés.

En fait l’amour au sens plus inclusif, ferait partie des émotions qui nous font du bien et qui ouvrent nos horizons, car plus nous en sommes imprégnés, plus notre champ de vision s’ouvre. Cette vision élargie nous permet d’être plus souples et plus créatifs,  tel que  mentionné  dans ma chronique sur la gratitude. Ces émotions positives servent  de point d’ancrage dans   une évolution personnelle.

Par définition l’amour est la cause et aussi l’effet des dynamiques relationnelles, aussi simples ou complexes soient-elles;  de plus les éléments de confiance, d’engagement, d’authenticité qui y sont présents nous nourrissent et nous motivent à nous engager davantage envers l’autre.

Pourquoi l’amour serait-elle l’émotion suprême?

Parce qu’il  nous permet de voir l’autre dans sa globalité, avec bienveillance, sollicitude et compassion. Il permet de nous connecter à l’autre en synchronie (effet miroir). Et il modifie de façon surprenante notre état de bien-être et notre santé.

Au début  de sa recherche, Barbara Fredrickson  expérimentait l’influence à long terme que pouvait avoir un vécu émotionnel positif sur la vie des personnes. C’est lors d’un stage qu’elle découvrit la pratique ancestrale dite metta en pali ou maitri en sanskrit, fréquemment traduit par « amour bienveillant ». Dans les enseignements bouddhistes, l’amour bienveillant est considéré comme un des quatre modes de conscience les plus nobles; et c’est pourquoi elle a décidé d’utiliser cette approche pour vérifier sa théorie sur le vécu émotionnel positif.

Les participants de son étude étaient des adultes actifs, en bonne santé et sans pratique spirituelle particulière. Les résultats de son étude étaient très clairs: les participants, même s’ils n’avaient jamais pratiqué une technique de méditation,  éprouvaient davantage d’amour, d’engagement, de sérénité, de joie et d’amusement.   La bienveillance pratiquée lors de leurs méditations individuelles leur apportait  un caractère plus chaleureux et un contact plus satisfaisant avec les autres. De plus, à long terme leurs états de santé s’amélioraient. C’est ainsi que Barbara Fredrickson  s’est mise à repenser l’amour.

 

Je ne peux m’empêcher de faire ici un lien entre l’attachement dans l’enfance et la sécrétion d’ocytocine, car ce peptide joue autant un rôle de neurotransmetteur que celui d’hormone. et il est sécrété par le coeur. Comme je l’explique dans ma chronique sur la bienveillance et aussi celle sur l’empathie,  l’ocytocine nous permet d’être plus calme, plus ouvert et réceptif aux autres.

Elle  influence notre nerf vague (j’y reviendrai prochainement dans une autre chronique) et aussi notre cerveau.  De façon plus spécifique, c’est l’amygdale qui est directement impliquée dans  la réponse au stress et au sujet de la méfiance dans les relations. Cela signifie que dès notre enfance, nous ne sommes pas tous égaux sur le plan biologique. Notre milieu familial a un impact sr la biologie de l’amour.

Malgré ce fait, nous ne sommes pas impuissants puisqu’il est tout à fait possible de modifier notre état biologique avec la pratique de la méditation d’amour et ainsi d’améliorer sa santé et ses relation. Grâce à la plasticité du cerveau et de notre système nerveux, l’amour engendre l’amour.

Nos perceptions sur l’amour romantique….des croyances nocives pour nous

Un sondage mondial publié en 2012 à l’occasion de la Saint-Valentin a révélé que la plupart des gens vivant en couple voient leur partenaire comme leur source principale de bonheur, de même que les personnes célibataires disent qu’elles aspirent à trouver le bonheur en rencontrant l’être aimé. La société nous induit en erreur lorsqu’elle véhicule l’idée préconçue qu’il n’y a que le couple qui puisse nous rendre heureux.

Nous devons donc réviser  notre vision de l’amour. L’amour permet donc la formation de couples, mais aussi la synchronisation des ondes cérébrales ainsi que celles des ondes du coeur, tout comme je l’explique dans ma chronique de l’arrimage au coeur et la communication du coeur.

Après la lecture de ce texte,  si vous êtes convaincus que vous pouvez vivre un moment d’amour avec n’importe qui et même avec un pur inconnu,  vous avez plus de probabilité de vivre une telle expérience. C’est la façon avec laquelle nous entrevoyons le monde qui fait en sorte que c’est de cette façon que nous l’expérimentons. En sachant tout cela, à partir de maintenant nous avons plus de possibilités de vivre chaque jour plusieurs moments de résonnance positive d’amour, incluant aussi  le commis de l’épicerie. Quand nous commençons à imaginer toutes les possibilités de notre cœur, des nouvelles émotions et de nouveaux ressentis naissent en nous et ils peuvent changer notre vie.

La société et son système économique prédominant nous poussent  à penser avant tout à notre intérêt personnel, tout comme famille fait la promotion de l’autonomie et  l’indépendance de ses membres. Par contre  notre vie change, lorsque nous prenons conscience qu’en réalité nous sommes tous interdépendants et que nous avons tous besoin des uns et des autres.  En résumé, il demeure vrai que nous devons jouir d’une saine indépendance et aussi, qu’être trop individualiste et indépendant peut nous faire basculer dans un égocentrisme démesuré. Tout  est une question d’équilibre.

POUR CE FAIRE


Nous savons maintenant que la science de l’intention existe bel et bien et  il est démontré que les personnes qui expriment fréquemment des intentions au cours de la journée ont plus de satisfaction dans leurs vies parce qu’elles se sentent plus en maîtrise de leurs vies et de leur relations. Elles sont moins impulsives et utilisent davantage leur lobe frontal. Alors si vous n’avez pas le temps  de prendre un cinq à dix minutes pour faire l’exercice vous pouvez le vivre autrement :

  • résonnons l’amour le temps d’attendre l’autobus ou de faire nos courses
  • pendant que nous dégustons un café sur une terrasse
  • nous pouvons se remémorer nos interactions de la journée et se poser la question: est-ce que je me suis senti en synchronie, en résonnance avec les autres? Est-ce que je me suis senti proche de ces personnes?
  • en pratiquant ce simple exercice, il risque de nous donner le goût de se  concentrer sur ces moments bénéfiques dans nos relations et peut-être même susciter  le goût d’essayer de les rendre plus chaleureuses. Et rapidement on se rend compte que la vie nous redonne, car plus nous donnons et plus nous recevons.
  • ici l’exercice consiste à créer ou favoriser trois relations chaleureuses, c’est-à-dire empreintes de respect et de bienveillance. Être à l’écoute tout en se révélant avec authenticité nous permet d’être en phase avec l’autre, en synchronie ou résonnance.
  • l’auteur ne parle pas de moment d’amour avec les animaux, les plantes ou toute autre chose, mais peut-être que vous l’expérimentez déjà c’est à vous de voir si c’est utile pour vous.

 

Pour télécharger la méditation d’amour, cliquez ici et si vous désirez revenir me commenter votre expérience j’en serai très heureuse.

Monique

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