Les punitions vs les réactions de l’enfant


Alex est en colère et veut se venger

Alex a huit ans et il revient de l’école avec une contravention, car à plusieurs reprises, il n’a pas fait ses devoirs. Son père, découragé, lui enlève l’ordinateur et le temps accordé à ses amis.

Son père croyait qu’ainsi son fils aurait tout le temps désiré pour faire ses devoirs. Il pensait qu’Alex comprendrait cette décision et qu’il rectifierait son comportement. Mais, il n’en est rien. Alex est très en colère, il est assis dans sa chambre à réfléchir comment il peut s’en sortir le plus rapidement possible en investissant le moins d’énergie possible; il cherche à déjouer son père, il veut se venger.

Lorsque les parents ont établi un modèle de lutte de pouvoir au lieu de guider leurs enfants à utiliser leur propre pouvoir de manière responsable, les enfants ne voudront pas coopérer.

La responsabilisation de Marianne

Marianne a treize ans et elle n’a pas fait ses devoirs. Son père lui a demandé un rendez-vous pour parler avec elle.

Il lui demande : « Quelle heure serait le mieux pour toi, 6 h 30 ou 7 h ? »

Il sait que proposer un choix à Marianne donne un certain pouvoir à sa fille et, d’une manière générale, invite habituellement l’autre à la coopération plutôt qu’à la défensive. Aussi, il sait qu’attendre un peu avant la discussion permet aux adultes et aux enfants de retrouver leur calme. Ainsi, ils éviteront des comportements d’attaque et de défensive, car c’est ce qui se produit lorsque les résolutions de conflits se font sous la colère. Il est mieux d’attendre que tout le monde soit calme.

Marianne a choisi 6 h 30.

À 6 h 30, Marianne est surprise d’entendre son père lui déclarer : « Je me demande si tu t’aimes autant que je t’aime. »

Marianne se met à rire et répond : « Qu’est-ce que tu racontes, Papa ? »

Papa lui dit : « Eh bien, je voulais te dire combien je t’aime. Des fois, j’ai l’impression de prendre davantage tes intérêts à cœur que toi-même. Je me demandais simplement si tu t’aimes autant que je t’aime et si tu penses à tes intérêts. »

Marianne, méfiante, l’interroge : « Est-ce que c’est ta façon de me forcer à faire mes devoirs ? »

Papa réplique : « Comment pourrais-je te forcer à faire quelque chose dont tu n’es pas convaincue du bénéfice ? Nous savons tous les deux que je ne peux pas te faire faire ce que tu ne veux pas faire. Cependant, je suis prêt à t’aider à explorer ce qui est bon pour toi et je suis prêt à t’aider à créer un plan qui fonctionne pour que tu puisses accomplir ce qui est le mieux pour toi. »

Marianne conclut : « Bon, Papa. Je vais faire mes devoirs. »

Papa ajoute : « Chérie, cela ne marche pas pour moi d’avoir à te faire penser tout le temps à tes propres affaires. Cela semble créer un conflit entre nous. Je ne veux pas passer mon temps à le faire. Je ne sais pas si tu es vraiment convaincue que faire tes devoirs est dans ton intérêt. Que dirais-tu de prendre un peu de temps pour explorer cette idée ? Peut-être, serait-il utile de créer une routine du soir régulière qui inclut le meilleur moment pour toi de faire tes devoirs. Une qui fonctionne pour toi et qui ne vient pas de moi. Tu pourrais me montrer ce que tu as fait demain soir. J’ai foi en toi et je sais que tu es la mieux placée pour déterminer le programme qui sera le mieux pour toi. »

Papa a invité Marianne pour discuter du problème au lieu d’utiliser des sermons et des punitions, stratégies qui auraient stimulé chez Marianne la résistance, le ressentiment ou la rébellion. Elle a vite compris que faire ses devoirs serait dans son meilleur intérêt.

 

Le lendemain, Marianne, comme convenu, montre son horaire.

3 h 30 – 4 h : Chill out après une dure journée à l’école

4 h – 4 h 30 : Téléphone avec des amis

4 h 30 – 5 h 30 : Devoirs

5 h 30 – 6 h : Chill out (et peut-être, aider un peu) avant le dîner

6 h – 6 h 30 : Dîner

6 h 30 – 7 h : Devoirs à terminer s’ils ne sont pas finis

7 h – 8 h : Programmes télé favoris

Papa, content, s’exclame : « On dirait que c’est un bon plan. Tu vois, le fait de réaliser cette routine fait en sorte que tu deviens ton propre patron au lieu que ce soit moi qui te dicte quoi faire. Je pense que tu trouveras ce type d’organisation très utile tout au long de ta vie. »

Des recherches approfondies montrent que nous ne pouvons pas influencer les enfants d’une manière positive jusqu’à ce que nous créions un lien avec eux. Parfois, nous devons cesser la lutte et d’abord guérir la relation.

Pourquoi les enfants ne coopèrent-ils pas ?

Beaucoup de parents ne croient pas que leurs enfants seraient aussi coopératifs que Marianne. Effectivement, si les parents ont établi un modèle de lutte de pouvoir au lieu de guider leurs enfants à utiliser leur propre pouvoir de manière responsable, les enfants ne voudront pas coopérer.

Ce que les parents comprennent généralement par coopérer est : « Fais ce que je te dis de faire », suivi fréquemment par « et pas ce que je fais ». Cette définition n’invite pas à la coopération mais plutôt à la rébellion.

Lorsque les enfants ne veulent pas collaborer, il se pourrait que les parents et les enseignants n’aient pas créé un environnement coopératif où les enfants sont vraiment investis dans la création des plans et des lignes directrices et de réflexion pour des solutions.

Nombre d’enfants sont davantage habitués à essayer de protéger leur estime de soi à travers la résistance et la rébellion ou encore la soumission plutôt que par la maîtrise de soi et la coopération.

Des recherches approfondies montrent que nous ne pouvons pas influencer les enfants d’une manière positive jusqu’à ce que nous créions un lien avec eux. Parfois, nous devons cesser la lutte et d’abord guérir la relation.

Pour ce faire

  1. D’abord il faut évaluer l’état de la relation avec notre enfant. Est-elle tendue et pleine de ressentiment? Si c’est le cas, tout ce que vous allez mettre en application ne fonctionnera pas. Il faut ramener la confiance d’abord. Et la confiance est très facile à perdre, mais très difficile à retrouver. Ne croyez pas qu’une relation guérit avec une sortie au cinéma et l’achat d’un cadeau. Pour guérir la relation, vous pouvez donner beaucoup d’écoute empathique et surtout ne pas être sur la défensive si l’enfant vous exprime ces souffrances occasionnées par vos paroles ou vos actes. Si vous n’êtes pas en accord avec ce qu’il vous reproche, gardez-le pour vous et ne faites que l’écouter pour le moment. Nous ne pouvons pas dire à l’autre qu’il a tort, car c’est sa réalité à lui, son interprétation, son histoire. Tout ce que nous pouvons faire c’est de réaliser que nos actes et nos paroles ont une portée que nous n’avions peut-être pas imaginée. Si par contre vous vous apercevez que c’est vous qui avez de la colère ou du ressentiment, parlez-en à quelqu’un qui va vous donner de l’empathie. Aussi écoutez cette vidéo, elle est très aidante.
  2. Aussi vous pouvez faire le jeu du zèbre voir la vidéo. Si vous n’êtes pas à l’aise, vous pouvez télécharger notre liste de qualités et trouver les moments opportuns pour lui en faire part ou encore faire une belle carte et lui écrire certaines de ses qualités à l’intérieur.
  3. Ensuite vous pouvez ouvrir vos yeux et voir tout ce qu’il fait de bien et exprimer votre gratitude envers ses bonnes actions.Il y a cette vidéo sur « Arroser les fleurs et non les mauvaises herbes » .  Pour vous aider à comprendre la portée de nos mots sur les enfants regardez cette vidéo . 
  4. Lorsque vous pensez à lui lors de la journée ou au moment de l’épicerie et que vous lui achetez les raisins qu’il aime tant, au lieu de simplement lui dire « je t’ai acheté des raisins » allez le voir et dites-lui avec tout l’amour que vous ressentez pour lui «  lorsque j’ai vu les raisins, j’ai tout de suite pensé à toi parce que je sais que tu les aimes et comme tu es important pour moi, je voulais te faire plaisir…merci d’être mon garçon (ou ma fille) ». Une vidéo sur l’amour dans nos relations que vous allez aimer.
  5. Aussi vous pouvez prendre du temps en tête à tête avec lui et faire une activité que vous aimez tous les deux.
  6. Ensuite vous lui rappelez combien vous avez aimé de sortir ainsi avec lui.
  7. Trouvez du temps pour jouer à des jeux que vous aimez.
  8. Racontez-lui ce que vous faites et que vous aimez ou encore des histoires lorsque vous étiez petit.
  9. Lorsque vous commencez à avoir des confidences de sa part, c’est que vous avez retrouvé sa confiance et à ce moment-là vous pouvez discuter avec lui sur le changement de procédé avec lui. Que vous ne voulez plus lui enlever des privilèges ou encore le punir. Que vous désirez l’impliquer et qu’il puisse faire des choix, que vous désirez coopérer avec lui.
  10. L’écoute empathique est le remède le plus puissant pour rétablir une relation.

Je vous souhaite des bons  moments avec vos enfants

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2 Comments on “Les punitions vs les réactions de l’enfant”

  1. Bonjour Souad, je vous recommande de persévérer et de mettre en application cette façon de faire dès maintenant si vous désirer responsabiliser votre enfant et le rendre autonome. S’il ne se maîtrise pas par lui-même vous reprenez le contrôle pour un certain temps jusqu’à ce qu’il vous demande de reprendre le contrôle de ses horaires c’est avec ces allées retours ( être maître de lui-même et perte de cette liberté) qu’il va apprendre à avoir une constance dans la maîtrise de lui même.

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