Est-ce que votre enfant vous écoute? Obéir ou désobéir?

J’ai toujours recherché une belle relation avec mes enfants. Je voulais et je souhaite toujours le meilleur pour eux. Je n’ai jamais demandé une obéissance indue de leur part en ce sens que je ne me suis jamais positionnée comme étant l’être supérieur… tout puissant, qui exige une soumission immédiate, et cela, sans explications. Et je ne les ai jamais non plus traités comme de petits animaux dociles que l’on récompense avec un biscuit ou des bonbons. J’ai toujours souhaité qu’ils puissent apprendre à se maitriser par eux-mêmes, et cela, le plus tôt possible et qu’ils puissent avoir une vie équilibrée.

Le chat est parti, les souris dansent!

Ayant eu des postes de direction très tôt dans ma carrière, j’ai vite appris que les relations de pouvoir ne fonctionnent pas, autant pour les adultes que pour les enfants. J’ai compris rapidement la maxime : « Lorsque le chat est parti, les souris dansent. » Pourtant, je suis de nature empathique et collaboratrice, mais certaines personnes me voyaient comme un chat… au-dessus d’eux dans la hiérarchie, et cela les incitait à répondre avant tout à leurs besoins même si ceux-ci allaient à l’encontre de l’équipe de travail. C’est malheureusement ce qui arrive lorsque l’on se développe dans un environnement dominateur et que l’on apprend les relations gagnant/perdant ou perdant/perdant.

Pouvez-vous vraiment contrôler vos enfants?

Je ne vous apprends pas qu’il est impossible de contrôler quelqu’un, même s’il est un enfant, à moins de le surveiller constamment et d’utiliser des menaces ou des punitions pour le dissuader dans son comportement. Et même à cela, les mesures de contrôle externe ne constituent pas la meilleure façon d’enseigner aux enfants la maîtrise interne de soi.

La discipline punitive imposée par les adultes n’inculque pas une autodiscipline aux enfants. Je me souviens d’une maman qui s’est inscrite à la formation pour parents. Elle était très sceptique envers cette approche, mais elle était tellement exaspérée qu’elle ne savait plus quoi faire. Elle me racontait que ces 4 enfants se liguaient carrément contre elle le soir, car ils ne voulaient pas aller dormir, et plus elle criait, les menaçait et les punissait, plus ils l’accablaient. Cette lutte pouvait durer des heures. Un soir, ne sachant plus quoi faire comme punition immédiate (ils résistaient même aux tapes et aux fessées, ils ne pleuraient plus), elle les a enfermés dans leur chambre. Eh bien, les enfants se sont retrouvés sur le balcon à faire des acrobaties! La maman les croyait en sécurité, mais ils ne l’étaient pas du tout…

La victime du pouvoir n’est pas la seule à souffrir : le dominateur paie lui aussi, très cher, l’emploi du pouvoir

Monique Desjardins

La confiance s’amenuise de plus en plus

Et malheureusement, la confiance en prend un coup, la relation aussi, et c’est une spirale destructrice rapide. Voici une liste des comportements dits « mécanismes d’adaptation » employés par les enfants que les adultes cherchent à dominer :

  1. Résister, défier, être négatif.
  2. Se révolter, désobéir, se montrer insubordonné, répondre avec insolence.
  3. Se venger, rendre les coups, contre-attaquer, faire du vandalisme.
  4. Frapper, faire preuve d’agressivité, de combativité.
  5. Violer les règlements et les lois.
  6. Piquer une colère, se fâcher.
  7. Mentir, tromper, cacher la vérité.
  8. Blâmer les autres, commérer, rapporter.
  9. Régenter ou tyranniser les autres.
  10. Former des bandes, des alliances, s’organiser contre les adultes.
  11. Flatter, séduire, lécher les bottes, chercher à gagner les faveurs d’autrui.
  12. Marchander, négocier.
  13. Se replier sur soi, être dans la lune, rêvasser.
  14. Rivaliser, avoir besoin de gagner, détester perdre, se soucier de son image, rabaisser les autres.
  15. Renoncer, se sentir vaincu, fainéanter, bâcler ce que l’on a à faire.
  16. S’en aller, se sauver, faire l’école buissonnière.
  17. Se taire, ignorer les autres, s’emmurer dans un silence réprobateur, mépriser les adultes, prendre ses distances.
  18. Pleurer, gémir, se sentir déprimé ou impuissant.
  19. Se montrer craintif, timide, gêné, craindre de parler et d’essayer du nouveau.
  20. Avoir besoin de réconfort, rechercher constamment l’approbation des autres, souffrir d’insécurité.
  21. Tomber malade, souffrir de maladies psychosomatiques.
  22. Trop manger ou suivre des régimes très sévères.
  23. Se montrer exagérément soumis, obéissant, docile, devenir le chouchou du professeur.
  24. Abuser de l’alcool et des drogues.
  25. Tricher et mentir.
Désirons-nous des enfants capable de s’exprimer et de s’affirmer avec respect et bienveillance?

Désirons-nous des petits soldats très insécures ou encore des tyrans qui nous donnent des ordres ou bien des rebelles qui nous envoient promener? Que voulons-nous leur enseigner à court et à long terme? Désirons-nous responsabiliser nos enfants?

Nous sommes un modèle pour nos enfants. Et malheureusement, les enfants n’ont pas la capacité de distinguer ce qui est bon de répéter de ce qui ne l’est pas. Vous avez tous, un jour, en tant que parent, vécu une situation où vous vous entendiez dire des mots; ceux-ci sortaient de votre bouche et pourtant, vous vous étiez juré auparavant de ne jamais les répéter, car ils ne correspondaient pas à vos valeurs. Ou encore, vous avez fait quelque chose que vous avez regretté.

Pourquoi avons-nous ce genre de réactions avec nos enfants?

C’est le pilote automatique qui répète ce que l’on a appris ou encore certain sont convaincus que ça fonctionne mais à quel prix. Aussi lorsque nous sommes envahis par des émotions fortes comme la colère, l’inquiétude ou la peur, notre partie du cerveau la plus évoluée est déconnectée, pour la plupart d’entre nous nous fonctionnons alors en mode réflexe.

Lorsque nous sommes dans la lutte de pouvoir avec nos enfants, lorsque nous crions, menaçons, punissons, marchandons, etc., nous utilisons notre cerveau reptilien, le plus instinctif. Si nous employons toutes ces tactiques avec nos enfants et nos relations, nous ne réfléchissons plus correctement, et si elles peuvent fonctionner à très court terme, elles ne le feront pas à long terme. Nous savons tous qu’un professeur qui crie pour avoir plus d’attention de ses élèves ne permettra pas à ceux-ci d’obtenir de meilleures notes à long terme, car nous supposons que si la colère ou si les punitions étaient efficace et garantissaient de bons résultats pour tous, nous le saurions.

Une autre stratégie fréquente chez les parents est de se mettre en colère pour faire cesser l’argumentation et mettre suffisamment de tensions dans le système pour que tout le monde soit sur le qui-vive et ainsi écoute les consignes. Et quand nous perdons les nerfs avec nos enfants, est-ce que nous leur apprenons la patience et la douceur? Vont-ils venir, par la suite, nous réconforter avec douceur et empathie ou vont-ils venir nous crier dessus?

Les enfants feront exactement la même chose avec nous, ils nous menaceront, ils feront du chantage. Malheureusement, toutes ces stratégies que nous utilisons et qu’ils ont apprises très rapidement, ils vont les employer eux aussi ou sinon ils vont se désengager de la relation. À chaque jour il y aura de plus en plus de distance entre nous et l’adolescence sera difficile. L’important est d’établir un lien de confiance entre nous et l’enfant.

Je me rappelle cette mère qui affirmait : « La seule chose qui pourrait empêcher mon fils de fumer serait de l’enchainer à son lit, mais ce serait inefficace à d’autres niveaux. » Cette maman affrontait une réalité qu’ignorent bien des parents : lorsque les enfants sont assez vieux pour quitter la maison et se soustraire à la surveillance de leurs parents, ces derniers ont perdu tout le pouvoir sur lequel ils comptaient. Tout comme avec l’enfant qui grandit et que nous ne pouvons plus contrôler physiquement.

Très souvent, les parents continuent de vouloir employer une autorité fondée sur le pouvoir alors qu’en fait, ils n’en ont plus aucun. C’est leur impuissance par manque de lien qui leur a ôté toute influence sur leurs enfants. À force de se faire obéir par les menaces, les punitions, les récompenses ou le marchandage, les parents n’apprennent pas à les influencer ni à les faire réfléchir sur une problématique et à la résoudre. Si nous leur apprenons la maîtrise de soi et la patience, c’est ce qu’ils vont répéter. Mais si nous perdons patience fréquemment et crions facilement, c’est ce qu’ils feront à leur tour avec nous.

Nous créons un climat d’insécurité

De plus, que va-t-il se produire lorsque nous faisons sécréter des hormones de stress à nos enfants quand nous crions après eux ou que nous les punissons?

C’est le cercle vicieux du stress et de l’insécurité qui se produit. Les enfants vont faire des crises, car ils doivent évacuer leur trop-plein de tensions. Ils peuvent utiliser les 25 comportements mentionnés ci-dessus, mais habituellement, ils adoptent les mêmes mécanismes d’adaptation que leurs parents.

Tous ces comportements peuvent être classés selon 3 stratégies distinctes :

La fuite : ceux qui privilégient cette stratégie lorsqu’ils ne se sentent plus en sécurité, nous les appelons les tortues. Les tortues se replient sur elles lorsqu’elles sentent un conflit poindre à l’horizon, lorsque la sécurité est menacée. Elles se cachent, elles préfèrent l’évitement, la fuite, car la perte de la sécurité les fait beaucoup souffrir. Elles feront tout plutôt que d’affronter le problème et elle se désengage de la relation et de la famille.

La lutte : ceux qui préfèrent se défendre ou même attaquer de front lorsqu’ils ne se sentent plus en sécurité, ce sont les pieuvres. Les pieuvres ont de longs tentacules. Elles souffrent beaucoup de la perte de sécurité occasionnée par le stresseur et elles vont tout faire pour se faire entendre. Le bris de communication et de sécurité augmente la crise.

L’inhibition de l’action : cette stratégie est utilisée par les très grands stresseurs ou lorsque l’enfant ne peut ni combattre ni fuir. Le corps est bien fait, il nous protège en nous déconnectant de la situation; il nous met dans un état de conscience limité où nous ne ressentons pratiquement rien, juste un engourdissement. Il simule la mort afin de ne plus être un excitant pour le prédateur. Nous pouvons vivre un très grand découragement, un abattement, une grande apathie. Il y a beaucoup d’enfant qui gèle lorsque le parent les chicane.

C’est le système nerveux autonome qui crée le stress, la tension interne. Si cette énergie n’est pas libérée, elle cause des blessures émotionnelles, des souffrances, du ressentiment, des rancœurs et un désir de vengeance. Cette sensation de tension interne dérègle notre homéostasie, notre métabolisme et notre équilibre intérieur et crée, par le fait même, ces changements de comportements. L’enfant essaie de s’adapter du mieux qu’il peut au stress intérieur ressenti. Il n’y a pas de conscience et c’est ce que nous volons développer l’empathie et la conscience de l’autre. Voir les deux chroniques sur le sujet  12 façons de développer des habiletés d’empathie chez nos enfants et  La bienveillance pour contrer les insultes chez nos enfants

Au lieu de vivre des relations gagnant/gagnant et d’être dans l’abondance de l’amour, de la joie et de la confiance, nous installons dans nos familles la rivalité, la compétition et tout ce qui est à l’antipode de la collaboration. Nous nous sentons menacés par la force de l’autre, par sa réaction, par sa non-collaboration ou par sa non-écoute. Nous vivons de plus en plus de dichotomie : faible ou fort, dur ou mou, gagnant ou perdant. C’est ici pour la résolution de conflits

POUR CE FAIRE


Pour créer un bénéfice mutuel et plus d’harmonie, voici quelques conseils :

  1. Apprenons à nous calmer et à faire la part des choses. Il est important de dédramatiser et de voir à long terme. Acceptons ce qui se passe et le comportement présent et non souhaitable de notre enfant. Présentement, nous ne pouvons rien y faire. Nous ne pouvons pas le contrôler immédiatement, mais en y réfléchissant, nous allons trouver et créer des incitatifs à un mieux-être. Respirons et reprenons nos esprits, car nous allons le regretter. Vous pouvez télécharger l’outil de l’Arrimage au coeur pour vous aider à développer plus de cohérence dans votre vie.
  2. Continuons à respirer et commençons à réfléchir pour trouver des façons de garder le contact avec notre enfant. Il a besoin de nos démonstrations d’affection et d’amour même s’il fait des choses que nous n’aimons pas et que nous jugeons inacceptable.
  3. Déterminons le problème. À qui appartient le problème? Ensuite, demandons-nous quels sont nos objectifs envers le problème. Pour en savoir davantage sur des façons de faire vous avez deux articles sur la responsabilisation et Comment responsabiliser mon enfant ou mon adolescent avec un projet vert  Punitions vs les réactions de l’enfant.
  4. Quelles sont les actions que nous pouvons mettre en œuvre pour régler le problème? Y a-t-il des règles que nous devons modifier? Devons-nous établir un nouveau cadre? Que pouvons-nous instaurer? Quels sont les besoins qui ne sont pas comblés? Sommes nous constants ou la discipline change selon nos émotions.
  5. Entre-temps, continuons à donner de l’amour à notre enfant. L’amour et la sécurité sont des carburants essentiels, ce ne sont pas des récompenses.
  6. Établissons un moment où nous allons établir avec notre enfant un  plan de match. Parlons au « je » et rassurons-le quant à notre amour. Expliquons-lui que nous souhaitons trouver une solution à notre problématique, que nous sommes là pour le soutenir.
  7. Faites l’essai de votre plan et encouragez les bons comportements.
  8. Révisez avec lui ce plan et rectifiez ce qui ne fonctionne pas. Si son âge le permet, réfléchissez avec lui. Vous pouvez l’impliquer dès l’âge de 3 ans. C’est de cette façon que vous allez lui apprendre à réfléchir.
  9. Faites un suivi serré jusqu’à ce que le nouveau comportement soit intégré et à chaque petit pas de plus, félicitez-le et célébrez. Vous n’avez pas à le récompenser. Vous devez apprendre à faire sécréter de la sérotonine à votre enfant de façon naturelle, « être fier de lui », « fier de ses accomplissements ». À chaque conflit, « serrez votre enfant dans vos bras », faites-lui comprendre que vous êtes là pour lui. L’amour et la sécurité sont des carburants pour lui, ils ne sont pas des récompenses.

Si vous désirez apprendre à vous calmer rapidement, communiquez avec moi ou allez voir cette chronique Les 7 étapes pour se calmer rapidement.

Je vous souhaite une belle journée!

Monique

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