Plus je veux cesser de crier après mes enfants et plus je crie. Comment faire autrement?

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Croyez-vous qu’il est possible d’arrêter de faire des colères ou encore de crier ? Croyez-vous que l’on se lève un matin et que l’on sait qu’à partir de ce jour, nous ne crierons plus jamais? Je suis formatrice en relation et en gestion de stress depuis 2006 et j’accompagne des familles depuis 1980 et je ne crois pas qu’il nous soit possible de cesser  de crier définitivement seulement en le souhaitant.

Est ce un objectif réaliste?

Avoir l’objectif d’arrêter de crier fait beaucoup de sens mais si  nous nous mettons beaucoup de pression sur le dos, nous créons le mouvement inverse. Dit autrement, nous libérons encore plus de cortisol ce qui augmente notre stress interne au lieu de nous calmer. Plus de stress est égal à plus de cris. Finalement nous nous décourageons et abandonnons notre objectif et retombons dans nos anciens conditionnements, ce qui est dommage. La volonté est directement reliée au stress. Elle grandit ou diminue selon nos actions et elle est aussi directement reliée à la condition des neurones, de notre biochimie, de nos croyances et de notre engagement. Plus nous sommes conscients de l’impact que nos agissements présents ont sur notre futur et plus nous augmentons la possibilité de développer un engagement solide envers ceux-ci.

La colère est là pour rester, elle fait partie de notre condition humaine; en même temps il est possible de la manifester  différemment, avec de plus en plus de bienveillance et ainsi diminuer nos cris jour après jour.  Cette pulsion de plus en plus documentée par les neurosciences et très clairement décrite dans les dessins animés illustre bien ce circuit dans le cerveau des émotions (limbique) quand il n’est pas calmé par le cerveau supérieur (lobe frontal).  C’est le cerveau frontal qui libère des molécules calmantes, le GABA. (voir vidéo, article).  Il va de soi que lorsque la situation est dangereuse, notre cerveau veut protéger quiconque dans cette situation et nous crions pour alerter l’individu en danger.

L’objectif de cesser de crier et le vouloir à tout prix du jour au lendemain, risque de nous décourager.  Il faut le voir autrement, comme une démarche évolutive réalisée de jour en jour. Car sinon c’est comme vouloir gravir le Kilimandjaro demain matin sans aucune préparation.  Si l’objectif est trop élevé, il risque de nous décourager. Soyons conscients et bienveillants avec nous-mêmes. Vous pouvez aller voir ma vidéo sur le sujet. L’objectif de cesser de crier demande des préparatifs, des changements de routines.

La technique des petits pas

J’adore la technique des petits pas c’est parce que nous marchons tous les jours vers ce que nous souhaitons et si nous ne le faisons pas à un moment donné pour diverses raisons, nous n’allons pas nous flageller et nous culpabiliser pour autant ou encore carrément arrêter la marche vers notre objectif. Nous regardons davantage nos accomplissements, nos petites victoires, ce que nous sommes capables de faire, de mettre en place, les valeurs que nous incarnons, nos ressources plutôt que nos limites, car vivre de la  culpabilité ou de la honte nous contraint à la stagnation.

Croyez-vous qu’un objectif tel qu’être bienveillant entre conjoint ou avec nos enfants a réellement une finitude? Croyez-vous qu’on se lève un matin en se disant « objectif réalisé », je n’ai plus rien à faire? Par exemple réaliser que nous sommes rancuniers ou jaloux et que nous devons faire attention à cet aspect de nous-mêmes pour qu’il ne prenne pas toute la place dans nos relations est une démarche continuelle. Cet aspect de nous  est comme un petit singe assis sur notre épaule et qui, pour tenter de nous influencer, nous chuchote à l’oreille. Il est toujours là, par moment il se fait de plus en plus petit, et d’autres fois selon ce que je vis, il peut devenir monstrueusement gros. Qu’est-ce qui va me soutenir pour m’écouter moi-même? C’est la structure que nous mettons en place dans notre vie, ce sont toutes les actions que nous répétons jour après jour pour faire du bien à notre cerveau et notre corps.

C’est un peu comme les compétitions avec les athlètes, la pression est forte, car ils doivent performer à un moment précis.  Pour certains, ils jouent le tout pour le tout, il n’y aura pas de reprise. Comment font-ils? Ils construisent ces moments jour après jour, avec des petites victoires. Ils créent des automatismes dans le plaisir et la joie de faire, dans la passion du mouvement, dans la confiance que tout est là…déjà. Fréquemment ils accompagnent leur routine de musique qui permet un meilleur ancrage; aussitôt qu’ils entendent cette musique, leur corps sait.

Avoir une vision globale de notre objectif et de nos avancées

Comme pour tout le monde, il y a de bonnes journées, de bons moments, et il y en a des moins bons. Mais si nous répétons des routines de mieux-être et focalisons notre énergie sur ce que nous faisons de bien, pour le reste, nous pouvons nous dire «  c’est correct ». L’important c’est de s’engager à marcher dans une direction. Aussi plus je structure mes journées autour de mesures de bien-être et plus je m’éloigne des montagnes russes de la vie. Je vous donne un exemple bien simple : lorsque nous sommes stressés nous avons une vision compartimentée de la vie un peu comme le système hospitalier. Lorsque ma mère a été hospitalisée, il était facile de se laisser emporter par ce flux émotionnel des hauts et des bas, suite à la visite de chaque spécialiste. Chacun d’eux avait son opinion sur un organe en particulier et l’influence que l’état de celui-ci pouvait avoir sur le système en général. Donc selon un spécialiste ma mère retournait chez elle et 3 heures plus tard l’autre spécialiste pouvait proclamer que son décès était pour très bientôt. Avoir un cerveau en santé nous permet cette vision globale, ce recul envers nos émotions et ainsi éviter de s’accrocher dans les fleurs du tapis. La pratique de la cohérence cardiaque nous permet ce recul et cette vision globale.

J’espère que nous ne comprenez pas que je banalise les moments où l’on se met à élever la voix,  je suis en train de dire que si nous occasionnons par les cris une rupture dans notre lien, il ne sert à rien de se culpabiliser, il faut plutôt, encore ici, être dans l’action et  réparer cette rupture.  Ensuite continuer notre chemin en se donnant ce dont nous avons besoin pour performer de plus en plus fréquemment. Il est préférable de  rechercher davantage la flexibilité, l’adaptabilité et la stabilité.

S’accorder des pauses régulières. Si on ne prend pas du temps pour soi, on risque d’être irritable, de mauvaise humeur, anxieux et de céder facilement à la colère.  Cela aura un impact sur les enfants qui seront stressés à leur tour et qui deviendront plus difficiles. Le stress peut aussi perturber le sommeil et donc augmenter les risques de fatigue pendant la journée.Monique Desjardins

La tension monte très vite

Lorsque nous sentons l’irritation monter en nous et que nous devenons agités, il est bon d’écouter notre besoin conscient ou inconscient de bouger. Le mouvement nous aide à libérer le cortisol et l’adrénaline et nous pouvons le faire en quittant la pièce où se trouve notre enfant,  en l’avertissant que nous reviendrons une fois plus calme. Mais si c’est un jeune enfant il est préférable de rester avec lui et de l’inviter à faire une activité exutoire comme de danser, du jogging sur place ou de chanter notre mécontentement. Ou si la tension n’est pas trop haute donner l’exemple et se calmer avec lui, voir les techniques Arrimage au coeur  ou se calmer en sept étapes simples.

Si la réaction est trop rapide et que nous n’avons pas le temps de le faire et que nous nous  mettons à crier,  nous pouvons  nous mettre dos à lui, ainsi nous n’enverrons pas directement sur lui toute la puissance de notre colère. Fréquemment lorsque nous nous mettons à crier c’est parce que nous ne nous sentons pas entendus et compris et nous recherchons de l’empathie. Mais en demandant de l’empathie de cette façon nous risquons de nous buter à un mur.

 

Le chemin est plus important que le but

Pour parvenir à notre but, il y a différents éléments à mettre en place comme celui d’émettre des règles dans la famille avant que les évènements arrivent. C’est-à-dire parler aux enfants et s’entendre dans le couple comment un parent peut prendre le relais advenant que l’autre parent perd patience. Plus nous aurons de compassion et d’empathie envers nous-mêmes et les autres membres de notre famille et moins nous vivrons de la détresse post conflit. La culpabilité et la honte peuvent créer en nous une incapacité à nous soucier de l’importance de réparer cette rupture dans le lien, car les pensées viennent nous envahir et  l’enfant peut interpréter le repli du parent sur soi comme un rejet.

Il peut être très difficile pour les parents de fournir la structure et les limites qu’exige l’éducation tout en offrant simultanément une communication bienveillante et une connexion émotionnelle cohérente. Plus nous pratiquons des exercices comme l’Arrimage au cœur, la pleine conscience, la communication intentionnelle du coeur et plus ce sera facile de nous individualiser (faire la différence entre l’interne et l’externe voir chronique sur les frontières interpersonnelles) et de ne pas fusionner avec les réactions émotionnelles de nos enfants.

Avoir une compréhension de ce phénomène n’est pas suffisant, il faut faire le choix de pratiquer des mesures préventives et d’accueillir notre humanité. Nous châtier pour nos erreurs ne fait que perpétuer nos souffrances. Prendre responsabilité de nos actes sans pour autant nous condamner est une démarche familiale. Il ne faut pas oublier « Nous faisons du mieux que nous le pouvons avec le niveau de conscience, de connaissances et d’apprentissages que nous avons sur le moment. » Et comme eux, nous apprenons à mieux communiquer avec respect et bienveillance jour après jour. Peu importe ce que nous appliquons, il y aura toujours des conflits et des déconnexions. Il faut voir ces moments comme des opportunités d’apprentissage à se reconnecter plutôt que de se déprécier et s’enlever l’estime de nous-même.

Miser sur la confiance

Regardons se cumuler les moments de connexions positives et si nous trouvons qu’à un moment donné nous sommes en train de basculer vers un déficit n’attendons pas pour en créer, par exemple en se donnant des rendez-vous en tête à tête, aller prendre des marches, organiser des soirées de jeux de table, selon les goûts des personnes. Les participants de ma formation adorent l’idée de se blottir sous la couverture le soir venu et de se raconter des secrets. Se cacher sous les couvertures comme sous une tente crée un effet de cocon pour l’enfant, ce jeu crée une grande connexion avec l’enfant.

Ce qui est important c’est de jouer et de rire ensemble pour avoir un lien de confiance plus solide et encaisser plus facilement les moments de déconnexions. Pour intégrer quelqu’un dans notre cerveau, pour qu’il soit présent dans notre tête,  ces moments positifs doivent être fréquents voir chronique.

Aussi il est important de se respecter et de ne pas faire semblant que nous ne sommes pas fâchés, nous devons être authentiques lors d’un conflit. Si notre enfant nous fait une demande et que nous sommes encore fâchés, il est préférable de lui dire directement « Regarde je comprends que tu veuilles ceci ou cela…. en même temps j’ai besoin de solitude pour le moment, je suis encore fâché et je souhaite me respecter, je viendrais te voir lorsque je me sentirai mieux ». Ainsi exprimé l’enfant comprendra que ce n’est pas un rejet de lui, mais plutôt que je réponds à mon besoin de solitude. Il est préférable de faire cela avec un enfant qui a lui-même ce besoin de solitude (à partir de 5 ans). S’il est trop petit pour cela je peux le lui dire tout en demandant la complicité de mon conjoint. Celui-ci  pourra venir pallier au besoin de l’enfant sur le moment. Il est possible de devenir plus flexible et cela nous permettra de rebondir plus facilement de nos blessures.

Si je n’ai pas eu de conflit avec lui, mais plutôt avec un autre membre de la famille, à ce moment-là je peux lui dire «Peut-être que tu ressens une tension chez moi, je suis encore en colère, car j’ai eu un conflit, mais je ne le suis pas envers toi, je souhaite te le spécifier.» Plus les enfants sont jeunes et plus ils sont connectés aux canaux non verbaux, ils ressentent au lieu d’analyser comme nous.

POUR CE FAIRE


Pour diminuer nos cris, il est suggéré :

  1. S’observer et analyser ce qui fait que les situations dégénèrent en cri est un bon départ. Souvent lorsque nous ressentons un début de tressaillement chez notre enfant, nous avons tendance :
  • Pour le parent qui manque de fermeté dans ses interventions, au lieu de calmer l’enfant en exprimant clairement le contexte et ses conditions, il a tendance à essayer d’éviter la colère de l’enfant en s’oubliant et en assouplissant les conditions et  en négociant. Cet essai conscient ou non d’éviter la colère de l’enfant, aura  l’effet contraire, car son message devient confus et incongruent. Le parent et l’enfant deviennent irrités et le parent finit par élever la voix.
  • Pour le parent qui manque de douceur dans ses interventions, il va privilégier la spécificité  de la règle plutôt que le contexte global incluant l’enfant et ses émotions et pour cette raison il oubliera de se connecter à l’enfant et ses émotions et par la suite stimuler son lobe frontal en l’impliquant dans la recherche de solution. Il va être autoritaire et directif ce qui va déclencher une réaction de stress chez l’enfant.

Ce sont fréquemment des automatismes inconscients très rapides qui se répètent jour après jour. Pour éviter ces situations nous pouvons :

  • Lors d’une nouvelle situation comme celle d’entrer dans un restaurant, un magasin, chez une tante, l’important c’est de cocréer avec lui avant que la situation ne dégénère. Si les limites n’ont pas été exprimées clairement, les risques de conflit augmentent.
  • Tout est dans la façon d’initier la communication. Au lieu d’émettre tout de suite un « non » qui  risque de provoquer  un stress et de le rendre incapable de cocréer avec moi, il est préférable de solliciter son lobe frontal en lui posant des questions. Par exemple : «  Quels sont nos intentions en allant à la bibliothèque? » « Que voulons-nous vivre ensemble chez tante Mélanie? » « Qu’as-tu l’intention de faire avec cette eau dans ton chaudron? » « Que pourrais-tu faire à la place qui nous conviendrait à tous les deux? »
  • Le parent autoritaire qui manque de douceur et d’empathie aura besoin de s’envelopper dans la douceur et l’empathie (massage, écoute empathique, passer du temps à câliner et demander des câlins, lire ou regarder un film en se blottissant avec quelqu’un ou sinon avec cette couverture, prendre le temps de vivre ses loisirs et son passe-temps préféré, avoir des moments en couple seulement ou encore entre amis).
  • Le parent laxiste qui manque de fermeté aura besoin de s’encadrer davantage pour prendre le temps de se faire du bien. Ce parent a besoin de développer davantage l’importance de répondre à ses besoins pour ne pas répondre constamment aux besoins du groupe au détriment des siens. Organiser son horaire et la structure familiale pour répondre à son besoin de douceur (massage, écoute empathique, passer du temps à câliner et demander des câlins, lire ou regarder un film en se blottissant avec quelqu’un ou sinon avec cette couverture, prendre le temps de vivre ses loisirs ou son passe-temps préféré, avoir des moments en couple seulement ou encore entre amis).
  1. Apprendre à se calmer voir chronique.
  2. Accepter la situation et lâcher prise lorsque je n’ai pas le contrôle voir vidéo
  3. Demander de l’aide à ses enfants.
  4. Avoir des activités exutoires lorsque la tension est déjà trop élevé : courir sur place, danser, chanter l’opéra, se chamailler…tout ce qui défoule.
  5. Connaître et diminuer nos stresseurs selon notre vulnérabilité. Pour certain c’est le contrôle, pour d’autres c’est l’imprévisibilité, la nouveauté ou encore lorsque nous sentons notre égo menacé.
  6. Prendre soin de son alimentation, car elle a un impact direct sur notre niveau de stress, voir chronique.
  7. Suivre les différentes capsules sur ma chaîne YouTube Faire un petit pas vers le mieux-être pour connaître tous les stresseurs.
  8. Augmenter notre confiance en nous et notre estime de nous même
  9. Si vous êtes une femme et que vous avez tendance à crier lorsque vous êtes en phase lutéale, lisez cette chronique.
  10. Pratiquer la cohérence cardiaque pour augmenter notre seuil de tolérance à la frustration. Si vous êtes  impatient voir Arrimage au cœur, cet exercice augmente la compassion et l’empathie, il nous fait sécréter  entre autre  de l’ocytocine et de la sérotonine.  Faire des « pauses Amour de Soi » pour ne pas accumuler des frustrations tout au long de ma journée et exploser le soir en entrant.
  11. Se donner de l’empathie ou en demander à nos proches, voir vidéo.
  12. Reconnaître ses émotions et faire du lâcher-prise voir vidéo
  13. Boire beaucoup d’eau pour ne pas stresser son corps et son cerveau davantage.
  14. Pratiquer un sport, faire une activité physique ou encore jouer dehors.
  15. Se reposer suffisamment.
  16. Sourire…..rire…sourire…rire…sourire
  17. Accroître notre capacité de vivre pleinement dans le moment présent.
  18. Ensuite je crée des moments pour me faire du bien et faire descendre le stress. J’initie des moments de sorties avec des amis, des activités physiques, relaxation, massage, se faire plaisir, bain de mousse, balade dans la nature, zoothérapie, chant, danse, exercice de gratitude, des jeux avec ma famille.
  19. Éviter l’abus d’alcool et de café : Il faut savoir que lorsque nous sommes stressés plusieurs ont le goût de boire un verre de vin ou fumer une cigarette et c’est parce que l’alcool et la nicotine sont directement relié à la sécrétion du Gaba, substance anti anxiogène naturelle dans le cerveau. Il faut faire attention car l’effet s’inverse à un moment donné.
  20. S’inscrire à ma formation Transformer mon stress en paix intérieure ou encore à Souffle et Brille.

Je suis formatrice et comme vous tous j’avance à petits pas. Je ne suis pas meilleure qu’un autre, mais je sais que plus je suis convaincue, plus je m’immerge, plus je m’engage, plus je pratique, plus j’apprends et plus j’intègre, c’est comme le vélo. Je sais que c’est possible d’atteindre son but. Et c’est ce que je dis à chaque groupe avec lequel je débute. Si je veux apprendre à faire du vélo et que je m’achète un vélo et qu’ensuite je le laisse accroché dans le garage, je n’arriverai à rien. C’est pour cette raison que je débute une formation évolutive en ligne pour les parents et les familles Parent Conscient et Bienveillant.

GO GO GO c’est possible

Monique

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