Sympathique ou empathique… Quel genre de famille êtes-vous?

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Être empathique ce n’est pas empêcher que nos enfants soient stressés ou qu’ils vivent des frustrations, c’est de les soutenir pendant qu’ils vivent des émotions intenses afin qu’ils puissent augmenter leur sentiment de sécurité intérieur et leur confiance en eux.

Certaines familles facilitent le développement de tous leurs membres tandis que d’autres le retardent. Et pourquoi cela?

Parce que nous ne réalisons pas le mal que nous faisons à nos enfants lorsque nous dénigrons et condamnons nos enfants et leurs sentiments. Être empathique ce n’est pas empêcher que nos enfants soient stressés ou qu’ils vivent des frustrations, c’est de les soutenir pendant qu’ils vivent des émotions intenses afin qu’ils puissent augmenter leur sentiment de sécurité intérieur et leur confiance en eux.

Les bénéfices des relations empathiques

Le fait d’être empathique permet la corégulation émotionnelle, ce qui fait que l’enfant est moins submergé par ses émotions, car il se sent davantage en sécurité par la présence empathique de son parent.

Lorsque nous avons la capacité d’être empathiques envers soi et envers les autres, c’est que nous sommes convaincus que nous ne détenons pas la vérité. Ainsi, il nous est facile de remettre les choses en question, nous avons une grande réceptivité envers la vérité des autres. Nous savons que chaque personne vit une même expérience différemment. De plus, la personne empathique est individualisée ou différenciée émotionnellement, elle a fait un travail sur soi et elle est capable d’identifier ses émotions et les émotions des autres membres de sa famille.

L’empathie signifie « ressentir en dedans ». Ce qui veut dire comprendre le point de vue d’autrui, observer ses pensées et sentiments. La conscience de soi et notre attention se focalisent sur la situation de l’autre afin de l’aider à partager son expérience. Il y a une recherche de compréhension et de conscience et ainsi, il devient aisé de revenir sur les situations, d’écouter les différentes interprétations et les ressentis de chacun des membres de la famille. De plus, les membres des familles empathiques sont capables de discuter de la façon dont chacun communique et de leurs défis personnels respectifs envers leurs propres modes de communication.

Dans les familles empathiques, chaque membre a à cœur les besoins des autres et acquiert suffisamment de souplesse pour permettre à tout le monde d’avoir sa place en accord avec celle des autres, car pour lui, la notion de besoin est familière. Aussi, chacun apprend très jeune à s’autoévaluer, ce qui lui enseigne l’art de l’observation et de la critique, mais toutefois, sans jugement et dévalorisation. Cela développe un sentiment de responsabilité envers ses actions. Tout est fait pour un mieux-être des membres de la famille.

On sait que la présence de personnes sincèrement bienveillantes et empathiques peuvent faire une différence vitale chez les enfants.

La sympathie et l’indifférence émotionnelles

Quant aux autres familles, elles ont tendance à basculer de la sympathie à l’indifférence émotionnelle. Lorsqu’une personne n’est pas individualisée, elle a beaucoup de difficulté à reconnaître ce qui se passe à l’intérieur d’elle et des autres.

Un jour, elle peut sympathiser avec ses enfants, la sympathie signifie « ressentir avec ». On fait un avec la personne et on partage ses pensées et sentiments. La conscience est déplacée de soi vers l’autre, il y a fusion. Les parents qui sympathisent ne font plus la distinction entre leurs propres émotions et celles de leurs enfants, ils dramatisent les situations, car elles déclenchent leurs propres émotions, prennent leurs petits en pitié et ont peur pour eux et, le lendemain, ils ne sont plus disponibles, ils sont submergés et s’enferment dans leur univers clos, ils peuvent basculer vers l’indifférence pour se protéger du chaos émotionnel que la sympathie peut créer.

Tout pour rendre leurs rejetons victimes de leur vie. Comme ils manquent de confiance en eux, ils sont incapables de se remettre en question et ne veulent surtout pas discuter de leurs attitudes et de leur mode de communication contrairement aux familles empathiques qui ont le souci d’assurer le bien-être de tous les membres de la famille.

L’empathie stimule la confiance

Les parents demeurent très attentifs à la croissance de leurs enfants et comme ils sont très créatifs, ils parviennent à susciter une résolution de conflits rapide et efficace. Les familles empathiques ont compris qu’une situation de crise est une occasion pour stimuler la croissance et le développement de tous leurs membres. Les parents ne craignent pas la turbulence émotionnelle et transmettent leur énergie à leurs enfants.

Ils reconnaissent leur interdépendance et ont un respect profond envers les émotions de chacun. Ils n’ont pas peur de montrer leur humanité. Ils savent que toutes les expériences qui se présentent permettent l’exploration de soi et par le fait même, une meilleure connaissance de soi. Cette façon de faire augmente la plage de tolérance à la frustration et le sentiment de sécurité des enfants.

 La façon dont un être humain accepte son sort et toute la souffrance que cela implique, lui donne amplement l’occasion, même dans les circonstances les plus difficiles, de donner un sens plus profond à sa vie. Il peut alors agir avec dignité, courage et altruisme. Mais il peut aussi, dans sa terrible lutte pour survivre, manquer de dignité et se conduire comme une brute. 

Viktor E. Frankl

L’empathie, une prévention aux blessures et aux blocages émotionnels

Effectivement, après avoir compris ce que la situation nous fait vivre, il devient possible de faire un choix clair et d’agir selon nos convictions profondes. Ainsi, la situation devient une source d’épanouissement et est intégrée par le cerveau, elle n’est plus source de stress. L’expérience devient une richesse pour la personne et non pas une blessure supplémentaire.

À chaque fois que nous ne sommes pas capables de parler d’une problématique quelconque, de dénouer une situation chargée émotivement, il y a un risque de blocage. Plus les blocages sont nombreux, plus nous devenons réactifs et incapables d’empathie. Lorsque nous parlons avec quelqu’un qui souffre, nous devenons à risque de nous identifier à sa souffrance. Cette dernière fait ressurgir notre propre souffrance, et c’est ainsi qu’il y a fusion.

Dans la famille sympathique et indifférente, chacun est replié sur soi, et il lui est très difficile de devenir aidant, car il est incapable de se mettre dans la peau de l’autre et de devenir une ressource pour l’autre. Soit les parents ramènent tout à eux ou au contraire, ils ne se soucient aucunement des malaises de leurs enfants, car ils sont dépassés par leurs propres soucis et sont épuisés ou malades.

Toutes les situations inhabituelles sont sources de stress. Soit ils sont submergés par leurs émotions et deviennent très réactifs et impulsifs, ils éteignent les feux les uns après les autres tels des pompiers, sans jamais avoir une vision globale de leurs expériences, soit ils se renferment dans leurs automatismes, inconscients de répéter leurs blocages et leurs modes de défense. Habituellement, ils sont instables, ils retardent l’évolution ou encore ils créent le statu quo, considérant qu’ils ont suffisamment peiné pour en arriver où ils en sont, ils craignent de perdre autant sur le plan professionnel que personnel.

On sait que la présence de personnes sincèrement bienveillantes et empathiques peuvent faire une différence vitale chez les enfants.

La question est : êtes-vous intégrés et aidant pour vos enfants?

Être intégré, c’est utiliser toutes ses ressources pour comprendre et intégrer notre expérience afin d’en ressortir enrichi. Pour cela, il s’agit de nommer nos émotions, nos pensées, comprendre et donner du sens à notre expérience ( identifier le besoin, avec ces cartes ça devient facile). Être capable de voir les impacts sur notre environnement et de faire un choix éclairé, qui nous correspond pleinement puis, de faire l’action juste pour nous afin d’être intègre et cohérent, tout cela dans un processus conscient et dynamique.

Tout commence par l’écoute de soi

Si le parent est incapable d’être à l’écoute de lui-même, de se comprendre et de faire les actions justes pour lui, il sera incapable de le faire pour son enfant. Il ne pourra pas lui montrer la voie afin qu’il intègre ce processus. Ainsi, la démarche d’autonomisation de son enfant sera ardue, il sera influençable, car il ne saura pas qui il est exactement et ce qu’il veut.

Aucune compréhension réelle n’est possible sans qu’il y ait, au départ, l’action de se comprendre, ce qui veut dire utiliser ses modes de perception physique, ses émotions, ses pensées, etc. pour donner du sens à sa vie. Il faut apprendre à être empathique envers soi pour être capable par la suite d’être empathique envers les autres. Il faut avant tout apprendre à s’aider pour devenir aidant pour les autres

L’empathie c’est aussi exister

Être empathique, c’est savoir se mettre dans la peau de l’autre, le comprendre afin de savoir ce qu’il peut ressentir et l’aider à se comprendre. C’est aussi savoir reconnaître ses propres émotions par rapport à l’expérience du processus avec l’autre et faire la distinction entre soi et l’autre. C’est être capable de revenir à soi non seulement indemne, mais grandi par la compréhension de soi et de l’autre afin d’être capable d’exercer une influence positive sur cette expérience commune.

POUR CE FAIRE


L’empathie permet une meilleure connaissance de soi et elle stimule la réalisation de soi, donc elle permet d’établir ses rêves, ses choix, ses buts. Elle donne le goût de se mettre en marche pour accéder à son idéal.

Lorsque votre enfant partage ses problèmes avec vous, de quelles ressources disposez-vous pour démontrer votre sensibilisation à ce qu’il vit?

  • Comment démontrez-vous votre intérêt envers lui et sa difficulté, physiquement, émotivement et intellectuellement?
  • Qu’est-ce qui dans votre attitude, vos paroles, vos gestes contribue à démontrer à votre enfant votre intérêt pour lui?
  • Comment communiquez-vous votre compréhension du problème?
  • Quelles sont vos rétroactions?
  • Comment l’aidez-vous à réfléchir à son problème et à susciter l’action nécessaire pour qu’il aille vers son but et nourrisse son besoin?
  • Êtes-vous plutôt du genre à conseiller ou même à diriger ou lui laissez-vous de la place pour l’introspection et la réflexion?

Les parents doivent avant tout répondre aux besoins fondamentaux de leurs enfants, tout en leur procurant un sentiment de sécurité et un environnement adéquat. Être un parent aidant, c’est être à l’écoute de son enfant et être prêt à le guider au besoin. Le parent doit susciter l’initiative de l’enfant pour qu’il entreprenne l’action qui correspondra à la résolution de sa problématique.

Nous ne pouvons pas aider quelqu’un de façon efficace si nous ne comprenons pas l’objectif du processus d’aide, qui est de modifier le comportement de l’aidé. Pour qu’une personne adopte un nouveau comportement, il faut avant tout qu’elle sache où elle se trouve et ce qui lui cause difficulté. Elle doit donc d’abord se situer par rapport à elle-même et ensuite par rapport au milieu dans lequel elle vit.

Tout le monde a besoin de comprendre son problème pour changer de stratégie si cette dernière est inefficace, il faut avant tout le savoir et pour cela, il faut l’évaluer. En explorant sa situation, toute personne essaie ainsi de faire le point avant de se fixer un but. Par cette recherche, elle souhaite mieux se connaitre. Le processus d’exploration de soi, de connaissance de soi et d’initiative se régénère par lui-même, comme dans un cycle. Si le parent l’encourage, l’enfant arrivera éventuellement à le faire par lui-même. Le parent pourra l’accompagner tout au long du processus et susciter en lui son centre de contrôle intrinsèque et sa motivation pour passer à l’action.

Sachez que je ne juge aucunement le sympathique ou l’indifférent, car c’est ce que j’étais avant d’avoir pris mes blessures en charge. Si vous désirez lire mon récit, voici le lien. Pour vous aider davantage, un vidéo  sur l’auto empathie avec la puissance du coeur juste en bas de la page.

Monique